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Nouvelles · 8 septembre 2026 · Par Mathieu

Où vont vraiment vos données

Un testeur a demandé comment fonctionnent les données de trafic et si la position des Canadiens est transmise à TomTom. La question est meilleure que la réponse que donnait notre page d'accueil. Voilà donc le portrait complet : ce que nous gardons, ce qui sort, ce qui ne sort jamais, et la seule brèche que nous n'avons pas encore refermée.

Quelqu'un m'a écrit ceci hier sur les réseaux sociaux :

Comment fonctionnent les données de trafic si vous utilisez TomTom comme service de base? Est-ce que la position des Canadiens est partagée avec TomTom pour y contribuer? Votre site dit que nos données resteront en sol canadien.

La question est légitime et elle mérite une vraie réponse, pas un slogan. Elle a aussi mis le doigt sur quelque chose. Notre page d'accueil affirmait que vos données restaient « en sol canadien », et c'était plus large que la vérité. Je l'ai corrigée, et cet article est la version longue du pourquoi.

La réponse courte sur le trafic

TomTom construit son portrait du trafic à partir de ses propres sources : des parcs de véhicules commerciaux, des voitures connectées, et des applications qui achètent leur trousse logicielle et lui renvoient des données. Maple Maps n'en fait pas partie. Nous lisons leur couche de trafic et la dessinons sur votre écran. Nous ne l'alimentons pas.

Votre conduite ne se trouve pas dans les données de trafic de TomTom. Aucune ligne de code dans l'application n'envoie vos déplacements, ni à eux ni à nous, et il n'y en a jamais eu.

Ce que nous gardons, et où

Tout ce que nous conservons tourne sur des serveurs à Montréal. Cette partie de la promesse a toujours été vraie.

Ce que nous conservons est plus mince que la plupart des gens l'imaginent. Il n'y a pas de compte, donc pas de profil. Vos lieux enregistrés, votre maison et votre travail, vos recherches récentes et tous vos réglages vivent sur votre téléphone et ne sont jamais téléversés. Si vous supprimez l'application, ils disparaissent, et je ne pourrais pas vous les rendre même si vous le demandiez.

Sur notre serveur, il y a une liste d'inscription à la bêta, soit votre courriel et la langue choisie. Il y a une table pour les propriétaires de commerce qui réclament leur fiche. Et il y a un compteur quotidien dont je reparle plus bas.

C'est tout. Il n'existe aucun historique de vos déplacements, parce que nous n'en créons aucun.

Ce qui sort du pays, et pourquoi

Trois choses parviennent à TomTom. Je veux être précis pour chacune, parce que « l'application parle à un fournisseur de cartes » peut vouloir dire n'importe quoi.

Le début et la fin d'un itinéraire. Quand vous demandez un trajet, ces deux coordonnées sont la requête. On ne peut pas calculer un trajet de Kamloops à Kelowna sans dire au calculateur où se trouvent Kamloops et Kelowna. Ces coordonnées partent de votre téléphone vers notre serveur de Montréal, et c'est notre serveur qui interroge TomTom. TomTom voit la requête venir de nous, pas de vous, et ne voit jamais votre téléphone ni son adresse.

Ce que vous tapez dans la recherche, et à peu près où vous êtes. Même raison. Chercher « café » ne veut rien dire sans un endroit autour duquel chercher. Passe aussi par Montréal.

Les tuiles de carte et de trafic. Voilà la brèche. Aujourd'hui, votre téléphone récupère les images de la carte et la couche de trafic directement chez TomTom, ce qui veut dire que leurs serveurs voient l'adresse IP de votre téléphone et quels carrés de la carte vous avez demandés. C'est ainsi que fonctionne toute application de cartographie sur votre téléphone, et c'est quand même le point le plus faible de notre histoire, parce que c'est le seul endroit où une requête sort à votre nom plutôt qu'au nôtre.

Je déplace ces requêtes derrière notre propre serveur pour que ce ne soit plus le cas. C'est un vrai chantier, pas un interrupteur, et je préfère vous dire que c'est sur la liste plutôt que de faire croire que c'est réglé.

Le compteur quotidien, au complet

Une fois par jour, si vous ne l'avez pas désactivé, l'application signale à notre serveur que ce téléphone a ouvert Maple Maps. C'est tout le message.

Il transporte un identifiant aléatoire que votre téléphone a inventé à l'installation. Pas votre nom, pas votre numéro, pas le numéro de série de l'appareil, et rien qui vienne d'Apple ou de Google. Nous ne le gardons que sous forme d'empreinte à sens unique : ce qui est dans la base ne peut pas être ramené à ce que votre téléphone a envoyé. Aucune position, aucune recherche, aucune heure au-delà de la date.

Je le garde parce que c'est le seul moyen de savoir si les gens reviennent, et c'est la différence entre un projet qui vaut la peine d'être poursuivi et un passe-temps sur lequel je me raconte des histoires. C'est un interrupteur dans les Réglages, « Me compter comme utilisateur », et le désactiver ne vous coûte rien.

Pourquoi TomTom

Parce qu'ils sont néerlandais et non américains, et c'était tout le point de départ. Parce que leurs données sont bonnes. Parce que leurs conditions permettent à une personne seule à Edmonton de bâtir par-dessus sans livrer les gens qui l'utilisent. Et parce qu'il y a une semaine, l'autre option représentait des mois de travail avant que quiconque puisse rouler où que ce soit.

Leurs données ne sont pas parfaites, surtout en région, et vous avez été généreux de me le dire. Je signale chacun de ces rapports.

Ce qu'il me reste à décider

La position honnête, c'est que Maple Maps est canadienne pour tout ce qui dépend de moi, et dépend d'une entreprise européenne pour la carte elle-même. Je pourrais aller plus loin. Le calcul d'itinéraire peut tourner sur nos propres serveurs avec des données ouvertes. Les adresses peuvent venir d'un jeu de données du gouvernement canadien. Les fermetures et les chantiers peuvent venir des provinces, qui les publient ouvertement et les connaissent mieux que quiconque.

La seule chose qu'on ne peut pas bâtir avec des données canadiennes seules, c'est le trafic en direct, et ce n'est pas faute d'avoir cherché. Le trafic vient de l'observation d'un grand nombre de véhicules, de leur position et de leur vitesse. Le seul moyen de le bâtir à l'interne serait de vous observer, vous, et c'est exactement ce que j'ai promis de ne pas faire.

Il reste donc un vrai compromis, et il ne m'appartient pas seul. Le trafic en direct n'est pas que du rouge et de l'orange sur les routes. Il détermine le trajet que l'application vous propose et si l'heure d'arrivée affichée est honnête. Le perdre rendrait l'application moins bonne, d'une façon que vous remarqueriez un lundi matin.

Alors je vous demande. Le sondage de la bêta contient maintenant des questions là-dessus : si vous voulez tout en sol canadien même si certaines fonctions y perdent, à quel point vous vous appuyez sur le trafic, et ce que vous accepteriez de perdre pour le garder ici.

Il porte aussi sur l'argent, parce que les deux questions n'en font qu'une. Il n'y aura pas de version gratuite de Maple Maps. On ne peut pas faire tourner tout ça pour rien, et je ne le financerai pas en vendant quoi que ce soit qui vous appartient. La formule que je vois fonctionner : deux forfaits payants, un canadien à environ deux dollars par mois sans trafic en direct, et un plus cher qui ajoute le trafic d'un fournisseur externe. C'est une hypothèse, pas une décision, et c'est pourquoi elle est dans le sondage et non dans une annonce.

Le sondage est ici. Dix-sept questions, anonyme, sur notre propre serveur, et seules les premières sont obligatoires.

Si vous voulez vérifier

La politique de confidentialité précise maintenant chacun de ces points, dans la forme plus brève qui convient à une politique. Si quelque chose y contredit ce que j'écris ici, c'est une erreur et je veux le savoir.

Et si vous repérez la prochaine chose que nos propres mots enjolivent, dites-le-moi comme cette personne l'a fait. Recevoir la question en public valait mieux que de ne pas la recevoir.

Mathieu

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